Rejet en mer de l’eau de Fukushima: la Chine dénonce un acte « égoïste et irresponsable » du Japon

La Chine a annoncé jeudi la suspension de l’ensemble des importations de produits de la mer japonais après la décision « égoïste » du Japon de rejeter les eaux usées de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.
 
Quelques minutes plus tôt, les autorités japonaises avaient actionné des pompes et des valves pour acheminer l’eau dans la mer.
 
Ce premier déversement devrait durer environ 17 jours et porter sur quelque 7.800 m3 d’eau de la centrale contenant du tritium, une substance radioactive qui n’est dangereuse qu’à des doses hautement concentrées.
 
« La Chine est fermement opposée et condamne avec véhémence (cette décision). Elle a protesté officiellement auprès du Japon, exigeant qu’il mette fin à cette action répréhensible », a réagi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.
 
« L’océan est le bien commun de l’humanité. Le déversement imposé dans la mer de l’eau contaminée issue de la centrale nucléaire de Fukushima est une action extrêmement égoïste et irresponsable qui ne tient aucun compte de l’intérêt public international. »
 
– « Prolonger la douleur » –
En réaction, les Douanes chinoises ont annoncé la « suspension » immédiate, au nom de la « sécurité alimentaire », de l’ensemble des importations de « produits aquatiques » en provenance du Japon – un terme qui comprend les produits de la mer.
 
Le géant asiatique a importé l’an dernier pour plus de 460 millions d’euros de fruits de mer de son voisin japonais, selon les chiffres des Douanes.
 
La Chine avait déjà interdit dès juillet les importations de denrées alimentaires de 10 départements japonais, dont celui de Fukushima.
 
Au total, le Japon prévoit d’évacuer dans l’océan Pacifique plus de 1,3 million de m3 d’eaux usées stockées jusqu’à présent sur le site de la centrale.
 
Elles proviennent d’eau de pluie, de nappes souterraines et des injections nécessaires pour refroidir les coeurs des réacteurs entrés en fusion après le tsunami de mars 2011 qui avait dévasté la côte nord-est du pays.
 
« Le gouvernement japonais n’a pas prouvé la légitimité » de ces rejets, « ni qu’ils sont inoffensifs pour le milieu marin et la santé humaine », a estimé le ministère chinois des Affaires étrangères.
 
« Ce que le Japon fait, c’est transférer au monde entier les risques (liés à ces eaux) et prolonger la douleur (liée à la catastrophe) aux générations futures », a-t-il indiqué.
 
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui supervise l’opération de rejet, a donné son feu vert en juillet, jugeant que le projet était conforme « aux normes internationales de sûreté » et qu’il aura un impact radiologique « négligeable sur la population et l’environnement ».   

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