Changements climatiques : Le groupe de négociation des PMA peaufine son plan pour la COP 27

Huit ans après la dernière réunion des Pays les moins avancés (PMA) francophones, le Sénégal abrite à nouveau la Communauté des négociateurs du groupe des PMA. Il s’agit ici, d’une rencontre stratégique et ministérielle sur les changements climatiques qui s’est ouverte ce mercredi 14 septembre, à Dakar. Son objectif est de permettre aux ministres et experts techniques de se rencontrer pour « élaborer des stratégies et des positions » en tant que groupe en vue de la COP 27 prévue en novembre 2022, à Sharm El- Sheikh (Egypte).

En effet, en organisant cette réunion stratégique et ministérielle, le groupe des PMA veut non seulement se donner les moyens de « bien préparer les négociations » sur les changements climatiques à cette prochaine Conférence des parties sur le climat mais également d’assurer « une meilleure prise en charge des préoccupations » de leurs pays. Il s’agit notamment de la mise en place d’un mécanisme sur les pertes et préjudices, l’objectif mondial pour l’adaptation, le relèvement de l’ambition en matière d’atténuation ainsi que la mise en place de financements adéquats et prévisibles pour soutenir les pays en développement.

Dans cette perspective, Abdou Karim Sall, ministre de l’Environnement et du Développement durable du Sénégal, et ses collègues du groupe des Pays les moins avancés (PMA), dans leur rapport final, ont affirmé que la réponse mondiale au changement climatique doit être « ambitieuse, juste et équitable, pour faire avancer les intérêts et les aspirations des pays et des peuples pauvres et vulnérables ». Avant d’appeler « toutes les parties, en particulier les grands émetteurs, à réduire d’urgence et de manière significative les émissions de gaz à effet de serre, et à soumettre des contributions déterminées au niveau national, nouvelles ou actualisées, avec des objectifs renforcés pour 2030 d’ici la fin de 2022, qui soient conformes aux trajectoires d’émissions permettant de limiter le réchauffement à 1,5°C, conformément au Pacte climatique de Glasgow ».

Reconnaissant l’importance de l’objectif mondial d’adaptation pour « une mise en œuvre efficace » de l’accord de Paris et demandant que la COP 27 aboutisse à « un résultat concret » sur l’objectif mondial d’adaptation afin d’alimenter le bilan mondial (GST), ils soulignent « l’importance cruciale de la mise en place d’un mécanisme de financement pour faire face aux pertes et dommages », tout en insistant sur le fait que le mécanisme international de Varsovie (WIM) doit rester sous « la double gouvernance » de la CCNUCC et de l’accord de Paris.

Les ministres du groupe de négociation ont aussi demandé aux pays développés parties de « respecter leur engagement à au moins doubler le financement de l’adaptation d’ici 2025, par le biais d’un financement public basé sur des subventions, et de fournir un plan de mise en œuvre à Sharm El-Sheikh (Egypte) cette année ». Ils demandent également aux pays développés d’«augmenter de toute urgence le financement climatique pour compenser le manque à gagner dû à l’incapacité de fournir 100 milliards de dollars US par an d’ici 2020 et jusqu’en 2025 ».

Selon eux, le nouvel objectif quantifié collectif sur « le financement climatique devrait être basé sur la science et répondre aux besoins des pays en développement pour mettre en œuvre leurs actions d’adaptation et d’atténuation, et traiter les pertes et dommages, y compris sur le transfert de technologie et le renforcement des capacités ».

Selon les conclusions du dernier rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), « une action climatique ambitieuse et urgente est nécessaire pour mettre le monde sur la bonne voie pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ». Or, force est de constater que d’énormes écarts existent aujourd’hui entre le niveau des émissions actuelles et celle préconisées par la science.

Dans un tel contexte, le ministre de l’Environnement et du Développement durable du Sénégal soutient que « seul un engagement avec des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre à travers les Contributions déterminées au niveau national (CDN), peut inverser la tendance et conduire le monde vers une trajectoire de sobre en carbone.

Abdou Karim Sall de relever qu’avec la crise économique, énergétique et alimentaire que traverse le monde, « des risques » planent sur l’atteinte des objectifs que la Communauté internationale s’est fixé dans l’accord de Paris sur le climat. Certes, des avancées ont été notées avec l’adoption l’année dernière du Pacte de Glasgow, mais il reconnaît que « les principales décisions obtenues ne sont toujours pas en adéquation avec les attentes et les besoins prioritaires des PMA ».

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