Ukraine, Kosovo… À quoi joue le président serbe Aleksandar Vucic avec les Européens ?

Ira, ira pas ? Le président serbe nationaliste Aleksandar Vucic a laissé planer le doute sur sa participation au sommet entre l’Union européenne et six pays des Balkans occidentaux qui s’ouvrira mardi à Tirana. Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz devraient y assister pour discuter de l’élargissement de l’UE. La Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo souhaitent en devenir pays membres. Après avoir affirmé jeudi qu’il boycotterait le sommet, le chef de l’État serbe a promis vendredi d’y réfléchir. Samedi soir, il n’avait toujours pas donné sa réponse.

Tensions avec le Kosovo

Aleksandar Vucic, au pouvoir depuis huit ans, est furieux contre les Européens qu’il accuse d’être « anti-Serbes » pour avoir laissé le gouvernement du Kosovo nommer à la tête de son ministère des groupes ethniques, un Serbe qui n’a pas ses faveurs. Jusqu’à présent, les autorités kosovares choisissaient un proche de Belgrade pour tenter d’apaiser les tensions avec la Serbie dont elle a pris son indépendance en 2008. Indépendance reconnue par l’UE mais pas par Belgrade.

Lire aussi – Union européenne : pourquoi la question de l’élargissement aux Balkans est importante

Depuis quelques mois, les relations entre le Kosovo et la Serbie sont particulièrement tendues. « L’Union européenne n’acceptera l’intégration de ces deux pays que s’ils résolvent leur contentieux en acceptant une reconnaissance mutuelle, analyse Jacques Rupnik, directeur de recherches au Centre d’études et de relations internationales de Sciences-Po. Mais politiquement le président Vucic n’a aucune raison de le faire. Son électorat nationaliste, favorable à la Russie, ne croit plus à la perspective européenne. Les sommets se succèdent mais rien ne se passe. »

Pour cet expert reconnu des Balkans, la marche vers l’adhésion est trop lente et certains candidats ne sont pas récompensés pour leurs réformes vu que leur perspective européenne stagne.

Dépendant de Moscou

La guerre en Ukraine a pourtant créé un nouvel élan vers l’UE – Kiev a obtenu le statut de ­candidat en un rien de temps –, mais elle a aussi compliqué la situation. Historiquement et culturellement, la Serbie – et ses 7 millions d’habitants – est majoritairement slave et orthodoxe.

Vucic n’a pas approuvé ni appliqué les sanctions contre Moscou. Belgrade dépend à 95 % de l’énergie russe et la population n’a jamais pardonné à l’Otan d’avoir bombardé le pays pendant la guerre contre le Kosovo en 1999. Il faudra bien pourtant choisir.

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