Tournée du ministre de l’Environnement à Tambacounda et Kédougou : Immersion au cœur des défis écologiques et des succès de la conservation
Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a effectué, du 22 au 24 mars 2026, une visite de travail de trois jours dans les régions de Tambacounda et de Kédougou. Une immersion au plus près des réalités du terrain, destinée à évaluer les avancées en matière de préservation des écosystèmes, à saluer l’engagement des services déconcentrés et à réaffirmer la constance de l’action gouvernementale en faveur d’un développement durable et inclusif. Tambacounda, entre défis structurels et innovations communautaires.
La tournée a débuté le 22 mars à l’Inspection régionale des Eaux et Forêts (IREF) de Tambacounda, où le ministre a pris connaissance des enjeux majeurs de la région, confrontée à une pression anthropique croissante et à des contraintes climatiques sévères. Il a également pu évaluer l’état des infrastructures et des équipements, soulignant les besoins en réhabilitation et en renforcement logistique pour une efficacité accrue des services. La délégation s’est ensuite rendue dans les forêts classées de Botou et de Ouly, à Koussanar. Sur ce dernier site, un modèle de reboisement en régie, fruit d’une collaboration étroite entre les services forestiers et la commune, a retenu l’attention. Sur une parcelle de 3,8 hectares, ce sont 3 651 plants de 11 espèces locales qui ont été mis en terre, illustrant une réussite alliant restauration écologique et retombées économiques locales. Dans le département de Goudiry, le ministre a visité des travaux de pare-feu réalisés sur 11 kilomètres dans la commune de Koar, un dispositif essentiel à la prévention des feux de brousse. Il a insisté sur la nécessité de maintenir et d’étendre ces infrastructures tout en renforçant la sensibilisation des riverains. La journée, intense, s’est achevée par une visite à la brigade forestière de Koulor, où la pépinière locale, impliquant fortement les femmes, et le jardin des femmes de Kothiary ont été salués comme des modèles de synergie entre production de plants, reboisement et autonomisation économique. Niokolo-Koba, joyau sorti du péril Le 23 mars, le ministre a consacré sa journée au Parc national du Niokolo-Koba, la plus vaste aire protégée du Sénégal. Accueilli au poste de Dar Salam, il a d’abord reçu une présentation du parc avant de visiter le guichet d’entrée, point nodal pour la gestion des flux touristiques. M. Diouf a ensuite mesuré l’impact des investissements en faveur du développement local à la ferme intégrée du GIE Fanabara des femmes, dans le périmètre maraîcher de Dar Salam. Réalisée avec un financement OCP de 300 millions FCFA entre 2021 et 2024, cette exploitation de 5 hectares, dotée d’une salle de formation et d’un magasin de stockage, illustre la volonté de concilier conservation et bien-être des populations riveraines. Classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981 et Réserve de biosphère, ce site d’exception a récemment été retiré de la liste du patrimoine en péril en 2024. « Une avancée majeure que je salue et qui témoigne des efforts constants de l’État et de ses partenaires en matière de conservation », a déclaré le ministre. Véritable réservoir de biodiversité, le parc abrite une faune et une flore riches et joue un rôle essentiel dans la régulation du climat et la protection des ressources en eau. Un circuit de découverte reliant Diénoudiala à Simenti a permis d’observer la diversité exceptionnelle des habitats et de constater la richesse de la grande faune, confirmant le potentiel écologique et touristique exceptionnel du site. Un trésor historique au cœur du parc : le refuge de Léopold Sédar Senghor Mais au-delà des merveilles naturelles, c’est une découverte d’une tout autre nature qui a marqué le ministre. Au cours de la visite, le Directeur national du Parc lui a dévoilé un lieu chargé d’histoire et d’une portée symbolique insoupçonnée : une modeste case où le premier président du Sénégal, le poète Léopold Sédar Senghor, aimait à se retirer pour se consacrer à son œuvre littéraire. Ce refuge discret, niché au cœur de la savane, a abrité les méditations et les écrits de l’homme de culture, dont la plume a rayonné bien au-delà des frontières nationales. Pour le ministre de l’Environnement, cette révélation a constitué le véritable coup de cœur de sa visite. « C’est une belle découverte, un lieu qui mérite d’être préservé et valorisé pour la mémoire nationale », a-t-il confié, visiblement ému. M. Diouf a immédiatement envisagé l’avenir de ce site d’exception, proposant qu’il soit transformé en musée, à la fois sanctuaire de la mémoire du président-poète et témoignage de l’histoire du Sénégal. Il s’est engagé à remonter cette information au plus haut niveau de l’État afin d’initier une réflexion sur la réfection et la mise en valeur de ce lieu emblématique, qui allie désormais patrimoine naturel et patrimoine historique. Au cours de cette immersion, le ministre a également pris acte des défis persistants : la problématique des collisions avec la faune sur la RN7, l’état dégradé de certaines pistes et postes de garde, ainsi que les conditions de vie des agents sur le terrain. Il a salué leur engagement et leurs sacrifices, avant de réaffirmer « la détermination du gouvernement à préserver durablement ce patrimoine, en impliquant pleinement les populations locales ». La visite s’est achevée par une balade fluviale sur le fleuve Gambie, offrant une perspective unique sur les forêts galeries et le réseau hydrographique. Kédougou, entre compensation écologique et ingénierie paysanne La dernière journée de la tournée, le 24 mars, a conduit la délégation à Mako, dans la commune de Tomboronkoto, pour la visite du centre de valorisation des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). Cette initiative, inscrite dans le cadre de la compensation de la biodiversité de la Petite Mine de Ciment (PMC), a été saluée par le ministre comme un partenariat exemplaire entre l’industriel et l’IREF, générant des retombées concrètes pour les communautés locales. La pépinière régionale de l’IREF de Kédougou, principale source de plants pour les campagnes de reboisement, a ensuite été visitée. À Dimboli, le ministre a constaté la réalisation d’une plantation d’axe routier sur 3,5 kilomètres, avec 368 plants mis en terre, illustrant la politique de reverdissement des espaces publics. La dernière étape technique s’est déroulée à Sinthiouroudji, dans l’arrondissement de Bandafassi, autour des activités de Défense et Restauration des Sols (DRS) et de Conservation des Eaux et des Sols (CES). La visite de cordons pierreux et d’un radier a permis de rappeler l’importance de ces ouvrages simples mais essentiels pour lutter contre le ruissellement et restaurer les terres agricoles dégradées. Synthèse et perspectives Au terme de cette tournée, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a tiré plusieurs enseignements majeurs. Il a pris la mesure des difficultés rencontrées par les services déconcentrés de la Direction des Eaux et Forêts (DEFCCS) et de la Direction des Parcs Nationaux (DPN), appelant à une amélioration des conditions de travail et des infrastructures. Il a également mis en lumière une diversité de projets exemplaires, des modèles de collaboration réussie à Ouli et Mako, en passant par les investissements structurants financés par l’OCP et les projets compensatoires du MCA 2. Enfin, le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir les services déconcentrés, de consolider les partenariats avec les collectivités territoriales, les bailleurs et le secteur privé, et de poursuivre les efforts en matière de reboisement, de restauration des terres et de développement d’un écotourisme durable.
Cette immersion de trois jours dans les régions de Tambacounda et Kédougou confirme selon le ministre que la transition écologique se construit d’abord sur le terrain, par l’engagement des hommes et des femmes qui, au quotidien, œuvrent pour la préservation du patrimoine naturel du Sénégal. Et elle a révélé, au détour d’un sentier, un trésor inestimable de la mémoire nationale, qui appelle désormais à une nouvelle forme de protection : celle de l’héritage spirituel et culturel du pays.


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