Tchad: Mahamat Idriss Déby revient de Doha avec un accord de paix, critiqué par la société civile
Une mobilisation populaire a été lancée mardi 9 août à l’initiative du Mouvement patriotique du salut, le parti du défunt président Idriss Déby Itno et de la mairie de Ndjamena. Ils voulaient réserver un accueil triomphal au président du conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Déby, qui rentrait de Doha au Qatar, où il a signé un accord de paix avec une quarantaine de mouvements rebelles en vue de leur participation au dialogue national inclusif prévu pour le 20 août prochain.
À sa descente de l’avion ce mardi un peu avant midi, Mahamat Idriss Déby a été applaudi par tout le salon présidentiel où étaient massés les officiels.
Après les salutations d’usage, le cortège du président ne s’est pas plié au bain de foule qu’espéraient les organisateurs de la mobilisation. Des milliers de Ndjaménois arborant les couleurs de différents partis qui soutiennent la transition s’étaient déplacés. Mais pour ces Ndjaménois qui ont fait le déplacement de l’aéroport, ce qui s’est passé lundi à Doha est à saluer : « Nous sommes sortis pour exprimer notre joie, notre espoir de voir la page de la rébellion se tourner dans notre pays », dit l’un d’entre eux. « Nous nous réjouissons de cet atmosphère de paix qui a déjà commencé et nous disons bravo car c’est une grand avancée ; le Tchad vient de franchir un grand pas », estime un autre.
Plus tard dans l’après-midi, des partis politiques et associations opposés à la transition ont qualifié de simple « ralliement » l’accord de paix signé lundi à Doha par une quarantaine de mouvements politico-militaires. Le chef de la junte, Mahamat Idriss Déby Itno, défend l’accord de Doha et l’ouverture d’un dialogue national le 20 août.
La plateforme de la société civile Wakit Tama, elle, critique un accord à minima. Car ce cessez-le-feu arraché au bout de cinq mois de négociations n’a pas été signé par plusieurs des principaux groupes rebelles dont le Fact. Et donc n’écarte pas le risque de nouveau conflit, estime Soumaine Adoum, porte-parole de Wakit Tama.
Wakit Tama ne participera donc pas au dialogue national du 20 août en l’état, sauf si le gouvernement de transition accepte de discuter des questions essentielles.
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