Sénégal- Kaolack / Jeunesse et emploi : Kaolack lance une offensive basée sur la formation et la solidarité institutionnelle
La problématique de l’emploi des jeunes demeure l’un des défis majeurs du développement local au Sénégal. À Kaolack, les autorités départementales ont franchi un nouveau cap en plaçant la formation professionnelle au cœur de leur stratégie d’insertion socio-économique. Ce samedi, le Conseil départemental a organisé une journée marquée par deux temps forts : la remise d’attestations aux bénéficiaires du programme « Taggat ndaw ñi » et la signature d’une convention de partenariat avec des instituts de formation professionnelle.
Au-delà de son aspect cérémonial, cette initiative traduit une volonté politique affirmée de faire de la formation un outil concret de lutte contre le chômage et de transformation économique du territoire.
Une réponse locale à un enjeu national
Face à la montée du chômage des jeunes et au déficit d’opportunités professionnelles, les collectivités territoriales s’impliquent de plus en plus dans les politiques d’accompagnement vers l’emploi. À travers le programme « Taggat ndaw ñi », signifiant « former les jeunes », 50 bénéficiaires ont reçu une formation dans des domaines en adéquation avec les besoins du marché local, notamment la gestion de caisse, l’infographie, l’informatique et l’audiovisuel.
Pour les autorités départementales, l’objectif dépasse la simple transmission de savoirs théoriques. Il s’agit désormais de doter les jeunes de compétences directement exploitables dans le tissu économique local.
Le président du Conseil départemental, Ahmeth Youssouf Benzallou, a souligné que l’adaptation des politiques de formation aux réalités socio-économiques constitue une condition essentielle pour réduire durablement le chômage et prévenir l’exclusion sociale.
Former pour insérer durablement
Contrairement aux approches classiques centrées exclusivement sur les compétences techniques, le programme « Taggat ndaw ñi » intègre également des modules de développement personnel, de leadership et d’engagement citoyen. Une démarche visant à former des jeunes autonomes, capables non seulement d’accéder à l’emploi, mais aussi de porter des initiatives entrepreneuriales et communautaires.
Les témoignages des bénéficiaires ont mis en lumière l’impact du programme sur la confiance en soi et la projection professionnelle, des éléments souvent déterminants pour une insertion durable.
Cette approche globale, combinant compétences techniques et renforcement humain, apparaît comme l’un des facteurs clés du succès de l’initiative.
La responsabilité sociétale au service de l’insertion
L’autre moment majeur de la journée a été la signature d’une convention de collaboration entre le Conseil départemental et plusieurs instituts de formation professionnelle. Inscrit dans la dynamique de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), ce partenariat vise à renforcer les passerelles entre formation et emploi.
Les engagements portent notamment sur la facilitation de l’accès aux stages, l’accompagnement vers l’insertion professionnelle, la promotion de l’entrepreneuriat local ainsi que le soutien aux jeunes en situation de vulnérabilité.
Pour les partenaires éducatifs, la RSE devient ainsi un cadre stratégique permettant d’intégrer les enjeux sociaux et économiques dans les parcours de formation tout en répondant aux attentes du marché du travail.
Vers une gouvernance collaborative du développement local
Cette double initiative illustre une évolution dans la gouvernance territoriale, désormais basée sur la coopération entre collectivités locales, structures de formation et acteurs socio-économiques. Une approche collaborative qui vise à co-construire des solutions durables face aux défis de l’emploi.
Les autorités présentes ont insisté sur le fait que la responsabilité sociétale ne concerne plus uniquement les grandes entreprises, mais constitue aujourd’hui un outil partagé de développement territorial.
Selon le président du Conseil départemental, ce modèle de partenariat pourrait inspirer d’autres collectivités sénégalaises confrontées aux mêmes enjeux d’insertion professionnelle des jeunes.
Un investissement sur le capital humain
En associant formation professionnelle, engagement citoyen et coopération institutionnelle, le département de Kaolack mise sur le capital humain comme moteur de croissance locale. Plus qu’une simple cérémonie, cette journée envoie un signal fort : celui d’un territoire qui ambitionne de transformer la formation en véritable passerelle vers l’emploi, la stabilité sociale et un développement inclusif et durable.
Senpresse.net
