NAUFRAGE DU JOOLA, VINGT-ET-UN ANS APRÈS : RESCAPÉS ET VICTIMES TOUJOURS DANS LA TOURMENTE

Le Sénégal tout entier a sombré dans la douleur et la tristesse à l’annonce du naufrage du Joola.  C’était un jeudi 26 septembre 2002. Le bateau qui assurait la liaison maritime Dakar-Ziguinchor avait à son bord près de deux mille (2000) personnes. Il avait quitté dans l’après du jeudi 26 septembre le port de Ziguinchor pour celui Dakar. Hélas le navire n’arrivera jamais à bon port. Le pire se produisa au large des côtes sénégalo-gambiennes. Le Joola  a sombré en pleine mer.  
 
– La douleur toujours vive 21 ans après
21 ans après le naufrage du Joola, la douleur demeure toujours. Des avenirs de jeunes étudiants détruits et des familles toujours incapables de faire le deuil. 
Ousmane Keita, étudiant à l’époque était âgé de 23 ans. Il avait voyagé avec le Joola ce jour du 26 septembre 2002. L’étudiant en position d’exclusion en cette période à l’UCAD, n’a pu faire son examen de rattrapage. Conséquence, le jeune rescapé n’a pas la chance de poursuivre ses  études universitaires. « L’encadrement et le suivi derrière n’ont pas été comme il se devait « , rétorque l’un des six étudiants rescapés de ce naufrage. Pour rappel, 400 étudiants au moins avaient péri lors de ce drame. 
Sylvie Diédhiou, membre de l’Association nationale des familles des victimes et rescapés du Joola révèle :  » le Joola nous a imposé, un univers cahotique, une désolation jonché d’une séparation brutale laissant un vide irréparable et un cortège macabre de 1953 morts. Des morts issus de 12 cultures universelles et de 12 régions du Sénégal, dont 444 étudiants et nouveaux bacheliers, 27 élèves d’une école de foot, 64 rescapés et 1900 orphelins dépourvus d’affection avec un lendemain incertain « , a-t-elle laissé entendre. Beaucoup de douleurs, de dommages, de traumatismes que le naufrage du Joola a causé et laissé. 
L’école de foot Mamadou Mariéme Diallo qui a perdu 27 de ses pensionnaires lors du chavirement du Joola au soir du 26 Septembre 2002 a été laissé à elle même, selon Aïcha Henriette Ndiaye actuelle présidente de cette école, à l’époque vice-présidente.  » Après le 26 septembre on a vécu un traumatisme. Et ce traumatisme je vais vous dire on a jamais vu une des autorités, aucune qui s’est lancée à revenir envers nous pour nous demander, si l’on a besoin d’aide psychologique « . À chaque anniversaire du Joola Aïcha Ndiaye ne peut se départir des images des 27 élèves de son école de foot. 21 ans après ce sont les mêmes cauchemars. « On a perdu 27 de nos membres, 27 personnes ça veut dire que c’est beaucoup. Lorsque je disais au gens que j’étais trop traumatisée, il y a d’autres qui ne comprenaient pas. Dans des familles il y a d’autres qui ont perdu 10 ou 5 personnes, mais moi j’en ai perdu 27. Sur ces 27 ce sont des images qui reviennent à chaque anniversaire de ce bateau, ce naufrage. C’est un choc qui est là en moi depuis des années « , a martelé l’encadreur d’école de foot. 
 
La récupération des ossements pour permettre aux familles de faire complètement le deuil
 
Pour les familles des victimes, voir les ossements de leurs membres sortir de la carcasse du Joola permettra de faire le deuil et de tourner une des pages sombres de leur existence. 
 
 » Ce qui nous intéresse présentement c’est de sortie les ossements. Récemment, il y a eu des plongées qui ont été effectuées par l’État ou cours desquelles nous avons découvert des ossements, ce qui nous a même permis d’ailleurs d’entrer en communion avec nos victimes. Ces derniers continuent de nous tendre la main pour nous demander de les épargner de la houle de l’océan « , a dit Éli Jean Bernard Diatta chargé des affaires juridiques de l’association nationale des familles des victimes et rescapés ( ANFVR/J) du Joola. Selon lui, si les ossements parviennent à être remontés cela va permettre, en même temps que le mémorial musée  » le Joola « , de jouer pleinement son rôle. 
A l’occasion de cette 21 ème commémoration de l’anniversaire du Joola, les membres de l’ANFVR/J, ont émis le souhait et l’espoir de voir le musée abriter les ossements de leurs parents.
Silvie Diédhiou qui s’est adressée aux autorités présentes lors de la cérémonie commémorative de l’an 21 du naufrage du Joola, annonce que la récupération des ossements va permettre aux familles de se sentir proche des parents défunts du bateau. Et en plus, de se recueillir dans ce lieu où ils (ces ossements) seront exposées, l’extraction de ces restes humains va apaiser leurs souffrances et leurs cœurs meurtris. Ces ossements récupérer vont pouvoir enclencher le processus de deuil de familles, explique la jeune dame. 
 
L’association nationale des familles des victimes et rescapés du Joola espère que les orphelins et rescapés diplômés issus de leur rang sans emploi et avec un avenir incertain et compromis, avec le mémorial-musée le Joola, la priorité va être mise sur l’insertion professionnelle de ces derniers dans la gestion et l’administration du monument.

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