Mali: l’armée malienne sur la route de Kidal

Au Mali, une imposante colonne de l’armée malienne a pris ce lundi matin 2 octobre la direction de Kidal. Un mouvement de troupes qui ne passe pas inaperçu et qui survient au lendemain d’un week-end au cours duquel l’armée malienne a subi deux violentes attaques du CSP, le Cadre stratégique permanent, qui rassemble la plupart des groupes armés signataires de l’accord de paix de 2015. Ces groupes ont repris les armes contre les autorités maliennes de transition depuis le 12 septembre dernier, accusant Bamako d’avoir violé l’accord de paix.

La colonne de l’armée malienne est partie de Gao dans la direction d’Anefis, qui est aussi celle de Kidal.

De source sécuritaire et civile malienne, cette colonne est composée de plus d’une centaine de véhicules. L’imposant convoi a marqué un arrêt au niveau de Tin Aouker, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Gao. Une localité dans laquelle les groupes armés du CSP avaient accusé l’armée malienne et ses supplétifs russes du groupe Wagner d’avoir « terrorisé » les populations civiles, mardi dernier.

Colonne des Fama vers Kidal: « On suit », commente le CSP

L’état-major des armées du Mali n’avait pas réagi à ces accusations, pas plus qu’elle n’a donné de précisions sur ce mouvement de troupes qui ne passe pas inaperçu et qui suscite déjà de nombreux commentaires, y compris sur les réseaux sociaux. Beaucoup y voient l’annonce de « la » ou « des » batailles à venir autour du fief des groupes rebelles : Kidal. Que les colonels qui ont pris le pouvoir à Bamako il y a un peu plus de trois ans apparaissent désormais déterminés à reconquérir par les armes.

« On suit », commente de façon laconique un cadre du CSP.

Pas de bilan à Bamba

Le CSP, qui n’a toujours communiqué aucun bilan de l’attaque, hier matin, du camp militaire de Bamba, dans la région de Gao. Aucun bilan non plus côté Fama.

Vendredi soir, c’était le camp de Dioura, région de Mopti, qui avait été la cible du CSP. Là encore, aucun bilan côté armée malienne. Le CSP affirme en revanche y avoir fait 81 morts, 5 prisonniers, et récupéré une importante quantité de matériel. Le CSP reconnaît seulement 5 combattants tués. Un bilan invérifiable de source indépendante. Les photos et vidéos transmises par le CSP des attaques de Bamba et de Dioura montrent en tout cas que les combattants du CSP se sont à chaque fois et sans équivoque rendu maîtres des lieux.

Spirale

En dépit des appels à faire taire les armes, lancés par la quasi-totalité des partis politiques maliens ces derniers jours, en dépit des risques pour les populations civiles du Nord, et en dépit des déclarations des deux camps pour la sauvegarde de l’accord de paix de 2015, les autorités de transition et les groupes armés signataires du Nord sont engagés dans une spirale de violence qui ne semble pas près de s’arrêter.

Une situation dont ne peuvent par ailleurs que profiter les groupes jihadistes du Jnim, lié à al-Qaïda, et de l’État islamique, qui ont eux-mêmes revendiqué récemment des attaques particulièrement sanglantes et annoncé une série de blocus sur des axes routiers du nord du Mali.

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