Maladies non transmissibles : Le Sénégal riposte à travers la Couverture sanitaire universelle

Les maladies non transmissibles (MNT) font partie des plus grands défis actuels de santé de ce siècle, elles touchent tous les pays du monde et concernent les personnes de tous âges. Classées comme « maladies a? soins coûteux » elles constituent un poids lourd pour les individus et un fardeau difficile a? supporter pour les familles, les communautés et l’Etat. Pourtant, la plupart de ces pathologies sont évitables car leurs déterminants sont essentiellement d’ordre comportemental, alimentaire, socio- culturel (mode de vie), environnemental, médical et économique.

Les maladies non transmissibles compromettent ainsi les progrès en cours pour l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) a? l’horizon 2030 dont une des cibles consiste à réduire d’un tiers le taux de mortalité? prématurée due à cette catégorie de maladies.

Le Sénégal, pour sa part, fait face à la double charge de morbidité? et de mortalité liée aux maladies transmissibles et non transmissibles tel que le montre l’analyse situationnelle réalisée dans le cadre de l’élaboration du Plan national de Développement sanitaire et social (PNDSS 2019-2028). Cette charge a été accentuée à partir de 2020 par la Covid-19. En raison de leur ampleur, des incapacités qu’elles provoquent et de leur prise en charge très coûteuse, les maladies non transmissibles sont l’objet d’une attention soutenue de la part du Ministère de la Sante? et de l’Action Sociale.

La Couverture sanitaire universelle (CSU) est un outil essentiel pour l’atteinte des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 ; un mécanisme pour assurer un accès équitable partout et pour tous. Il constitue dès lors une exigence sociale et économique et un impératif de justice et d’équité.

C’est cela l’option du Sénégal qui, sous le leadership de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République, a érigé l’accès équitable à des services socio-sanitaires de qualité au rang de priorité nationale.

En effet, conformément au Plan Sénégal Emergent (PSE) et au Plan national de Développement sanitaire et social (PNDSS) 2019-2028, le Gouvernement du Sénégal a mis en place plusieurs stratégies innovantes pour réduire les inégalités d’accès aux prestations socio-sanitaires.

Spécifiquement pour les maladies non transmissibles (MNT), des investissements efficients ont été consentis pour accroitre la sensibilisation et l’éducation sanitaire, la détection et le dépistage précoces, la prise en charge adéquate.

Des stratégies ont été déjà mises en œuvre conformément au plan stratégique national de lutte contre les Maladies non transmissibles 2017-2022 soutendu par les résultats de l’enquête réalisée en 2015 sur les facteurs de risque et la prévalence des MNT (enquête STEPS). L’évaluation de ce plan stratégique national a conduit à l’élaboration d’un plan d’accélération de la lutte contre les maladies non transmissibles 2023-2025 en cours de mise en œuvre. Pour rappel, les orientations stratégiques tournent autour de différents points tels que : la diminution des facteurs de risque comportementaux, l’amélioration de l’égalité des chances dans l’accès à la prise en charge, la promotion et la prévention des MNT, le renforcement des compétences individuelles en matière de santé et de lutte contre les MNT.

Des enjeux majeurs sont aussi à considérer à savoir la collaboration intra-sectorielle multidisciplinaire et multisectorielle, la consolidation des environnements favorables à la santé, l’amélioration de la prise en charge des MNT, le renforcement de la recherche et du suivi/évaluation.

Dans la prévention primaire, la vaccination gratuite des filles âgées de 09 à 14 ans contre le papillomavirus humain (fortement incriminé dans la survenue du cancer du col de l’utérus) a été introduite dans le programme élargi de vaccination (PEV) depuis le 31 octobre 2018. Il y a aussi le vaccin contre l’hépatite B à la naissance introduit dans le PEV depuis 2013, en prévention du cancer du foie. Le Sénégal a promulgué la loi anti-tabac conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et prépare la révision de cette dite loi pour intégrer les nouveaux produits du tabac. Au titre toujours de la prévention, un livret de recettes culinaires à base de produits locaux a été conçu et élaboré par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Toutefois, il est important de souligner le caractère multisectoriel de la lutte contre les MNT. C’est à ce titre qu’un comité national multisectoriel de lutte contre les MNT a été mis en place depuis 2019. Cette collaboration a permis d’élaborer un module pour la promotion du comportement sain au niveau des écoles ; il s’agit de la promotion dès le bas-âge de l’activité physique régulière et de l’alimentation saine entre autres.

Dans le cadre de la décentralisation du dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus ; il y a la formation des professionnels de santé et l’équipement des structures ; des unités de dépistage et de traitement des lésions précancéreuses du col de l’utérus ont été mises en place dans 71 structures sanitaires, dont 11 proposent un dépistage de haute performance avec la disponibilité de tests HPV (Virus du Papillome Humain : pour dire que notre pays va ainsi au-delà des tests classiques basés sur l’utilisation du lugol).

En outre, des Cliniques du Diabète et de l’Hypertension artérielle ont été mises en place dans des centres de santé pour renforcer le dépistage et la prise en charge de proximité de ces affections.

Concernant la maladie rénale chronique, des mesures évolutives importantes sont prises par l’Etat du Sénégal par rapport à l’accessibilité géographique et la gratuité de la dialyse dans le service public. Ainsi, de trois centres de dialyse en 2010, notre pays est passé à 23 centres de dialyse dans les structures publiques en 2023. Toutes les régions disposent d’au moins une unité. Cette extension se poursuit dans les projets de construction de nouvelles structures à Mbour, Thiès, Tambacounda et Bakel.

Dans le domaine de l’accès aux médicaments, la subvention de la chimiothérapie pour un montant d’un milliard de Francs CFA a permis de rendre gratuite la chimiothérapie pour le cancer du sein et du col de l’utérus, et de subventionner celle des autres types de cancers à hauteur de 40 à 50% selon le schéma thérapeutique. Il faut noter que pour l’exercice 2023, ce budget a connu une hausse de 500 millions. De plus, la subvention pour l’insuline est passée de 300 à 500 millions pour le traitement du diabète.

Relativement à la disponibilité de la radiothérapie, quatre (04) appareils ont été installés dans les structures sanitaires publiques dont un à l’hôpital Cheikhoul Khadim de Touba. Ce dispositif est accompagné par l’allocation d’une subvention de 75% des frais pour renforcer la protection sociale. Ceci permet actuellement aux malades de payer les séances à cent cinquante mille francs au lieu d’un million. C’est ainsi que pour une soutenabilité et un accès durable, nous exhortons les populations à plus d’adhésion dans les mutuelles de santé au nom de la solidarité agissante.

Des évolutions majeures sont notées dans le diagnostic et la prise en charge des affections cardio-vasculaires avec l’avènement de la coronarographie à Dakar et à Touba, en plus du renforcement du service de chirurgie cardio-vasculaire et thoracique.

Aussi, pour la formation continue à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, des guides de prise en charge ont été élaborés sur les maladies respiratoires chroniques (asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive) et hématologiques notamment la drépanocytose et l’hémophilie. Au titre de la prévention de maladies du sang, l’appel est lancé aux communautés pour une meilleure compréhension des risques liés aux mariages consanguins.

Pour le renforcement des ressources humaines, un recrutement important du personnel socio-sanitaire a été opéré, avec 3317 agents entre 2021 et 2023. Les bourses de spécialisation ont été augmentées, passant de cent cinquante mille à trois cent mille francs CFA ; le grand défi reste aujourd’hui une bonne répartition de ce personnel à travers le pays.

Le développement de l’offre de services n’est pas en reste avec la réhabilitation des structures de base (centres de santé, postes de santé, laboratoires), la construction de nouveaux hôpitaux de référence avec des équipements aux normes standard et la construction du centre national d’oncologie de Diamniadio qui est un pôle d’excellence pour la prévention et la prise en charge des différentes formes de cancer. De plus, des services spéciaux de prise en charge des grands brûlés sont prévus dans les nouveaux hôpitaux de Dantec, Tivaouane et Saint Louis pour renforcer le plateau technique déjà existant dans nos services de réanimation et d’urgence.

Dans le cadre de la régulation, le SAMU national est en train de monter en puissance avec la décentralisation des unités de régulation à Saint Louis, Kaolack et Kolda ; l’antenne sud de Ziguinchor est en cours de réalisation.

Les médicaments et les produits de santé occupent une place importante ; c’est ainsi que la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (PNA) a été renforcée pour une meilleure disponibilité des médicaments à tous les niveaux de prestations ; l’homologation, le contrôle de qualité et la régulation du marché sont assurés par l’Agence de Réglementation pharmaceutique.

Toujours dans le cadre de la Couverture sanitaire universelle, une attention particulière est réservée aux couches vulnérables, en particulier celles vivant avec un handicap dont l’enrôlement dans les mutuelles de santé et les bourses de sécurité familiale a été facilité, depuis 2014, par l’instauration de la carte d’égalité des chances.

En outre, dans le cadre de la politique d’assistance médicale, ces couches vulnérables ont bénéficié des initiatives de gratuité des soins, notamment les enfants de moins de cinq ans, les personnes âgées de 60 ans et plus, les femmes enceintes devant subir une césarienne…

Le partenariat public privé est en train d’être développé pour une contribution significative dans la prise en charge des MNT, mais aussi dans la réduction des évacuations sanitaires.

La lutte contre les traumatismes dus aux accidents de la voie publique, aux accidents domestiques, aux violences n’est pas en reste.

La gestion des Maladies non transmissibles est et doit rester globale et cohérente, centrée sur l’humain. A cet effet, les protocoles de prise en charge doivent être harmonisés, la recherche coordonnée, les moyens mutualisés et rationalisés ; tout ceci pour une réduction des coûts.

Notre engagement en faveur de la Couverture sanitaire universelle (CSU) sera encore plus fort. Il doit aussi être renouvelé et pérennisé à travers des initiatives innovantes qui rendent nos systèmes sanitaires performants et résilients.

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