Le Japon, l’Inde et l’Australie alliés face à la Chine

Le Japon, l’Inde et l’Australie alliés face à la Chine

Face à l’expansionnisme économique et politique de Pékin, trois puissances voisines, alliées des États-Unis, s’unissent pour ramener la Chine à la raison.

À la manœuvre, le Japon, l’Inde et l’Australie. À défaut de communication officielle, les fuites dans la presse vont bon train, preuve que la diplomatie est à l’œuvre. Les ministres de l’Économie des trois pays pourraient se rencontrer sous peu. Tout comme les Premiers ministres japonais et indien, Shinzo Abe et Narendra Modi.

Motivations de façade

Il s’agit, officiellement, de développer une présence industrielle asiatique alternative à la Chine, dans le cadre d’un projet baptisé « Supply Chain Resilience Initiative » (SCRI, « initiative pour une chaîne d’approvisionnement résiliente »).Les motivations de façade, puisqu’il en faut à l’égard de Pékin, seront fournies par le Covid-19 qui, en bloquant en premier les usines chinoises, a peu ou prou paralysé le reste du monde.Au Japon en pleine crise économique, Shinzo Abe, avec 2 milliards de dollars de subventions sur la table, a d’ores et déjà convaincu quatre-vingt-sept entreprises nippones de participer au SCRI et de relocaliser la production sous-traitée en Chine.Pour l’Inde, l’occasion est rêvée de se positionner en nouvel « atelier du monde ». Si son produit intérieur brut a doublé au cours des dix dernières années, il est cinq fois moins important que celui de la Chine alors que sa population, tout près du 1,4 milliard d’habitants, est du même ordre de grandeur.Derrière ce mouvement concerté, Donald Trump n’est pas loin. C’est lui qui a ressuscité, en 2017, le Quadrilateral Security Dialogue (dit le « Quad »), qui réunit quatre puissances aussi inquiètes les unes que les autres de l’expansionnisme chinois.

La frontière symbolique

Les heurts frontaliers que multiplie Pékin n’y sont pas pour rien : dans l’Himalaya avec l’Inde ; autour des îles Senkaku avec le Japon, dont l’archipel et ses bases américaines bloquent la moitié de la façade maritime de l’Empire du milieu ; autour d’autres îles, les Paracels et les Spratleys, en mer de Chine méridionale. Et bientôt, après Hong Kong, viendra le sort de Taïwan…Sans doute y a-t-il aussi cette autre frontière qui touche, elle, les États-Unis : celle de première puissance économique mondiale, que la Chine devrait franchir sous peu, si elle ne l’a déjà fait. Et ce, double humiliation, aux frais du déficit commercial américain (plus de 300 milliards de dollars en faveur de Pékin), que Donald Trump, en dépit de ses embargos brutaux, n’a pas réussi à résorber.

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