Jean-Christophe Lagarde condamné à dix mois de prison avec sursis pour détournements de fonds publics
Jean-Christophe Lagarde a été condamné à dix mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris ce mercredi. Le récent démissionnaire de la présidence de l’UDI était poursuivi pour détournement de fonds publics : il est soupçonné d’avoir versé plus de 39 000 euros de salaire à sa belle-mère en tant qu’assistante parlementaire, entre mai 2009 et août 2010, sans que les enquêteurs n’aient pu trouver de traces de cette activité.
Jugeant que Jean-Christophe Lagarde a «manqué au devoir d’exemplarité d’un élu» en «faisant prévaloir son intérêt personnel sur l’intérêt commun» avec cet emploi fictif, la justice l’a condamné à 60 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité. Sa belle-mère et lui doivent par ailleurs payer près de 75 000 euros de dommages et intérêts à l’Assemblée nationale. Reconnue coupable de recel, Monique Escolier-Lavail a écopé de quatre mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.
«Cinq heures par jour, sept jours sur sept»
Des «faits insupportables pour le corps social», a dénoncé le parquet lors de l’audience d’octobre. Il avait requis un an d’emprisonnement avec sursis et cinq ans de privation de droits civiques contre l’ancien député, six mois avec sursis contre sa belle-mère.
La défense avait plaidé la relaxe, fustigeant une «enquête paresseuse». L’ancien député a tenté de justifier le recrutement «atypique» de Monique Escolier-Lavail, ancienne dirigeante de PME, pour un ouvrage – jamais paru – sur les difficultés des petits patrons en France. L’intéressée résidant dans le Sud-Ouest, à 600 km de l’Assemblée, a assuré consacrer «cinq heures par jour, sept jours sur sept» à sa tâche. Mais les enquêteurs n’en ont trouvé aucune trace.
L’enquête a été ouverte par le Parquet national financier (PNF) en octobre 2017, après la plainte d’un conseiller d’opposition de la ville de Drancy (Seine-Saint-Denis), dirigée par Jean-Christophe Lagarde pendant plus de seize ans et dont il est l’un des conseillers municipaux.
Cette affaire judiciaire n’est pas la seule qui entoure l’ex-président de l’UDI. Début septembre, il a été placé en garde à vue dans l’enquête sur les fausses accusations, relayées par le journal le Point, à l’encontre des députés insoumis Raquel Garrido et Alexis Corbière. Affaire qui lui a coûté son siège à l’Assemblée, en juin.
Mise à jour : à 15 h 36, avec davantage de précision sur la décision de justice.
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