« Je m’oppose aux actions de mon frère » : en Iran, la sœur du guide suprême dénonce un régime « despotique »
C’est un soutien de poids pour les manifestants. Badri Hosseini Khamenei, la sœur du guide suprême de la République islamique d’Iran a ouvertement critiqué le régime iranien ce mercredi dans une lettre diffusée par son fils basé en France, Mahmoud Moradkhani et relayée par l’AFP. « Je m’oppose aux actions de mon frère » Ali Khamenei, écrit-elle en préambule. « J’exprime ma sympathie envers les mères qui pleurent les crimes commis par le régime de la République islamique depuis l’époque (de son fondateur l’ayatollah Rouhollah) Khomeiny jusqu’à la période actuelle du califat despotique d’Ali Khamenei », poursuit-elle.
« Mon frère n’écoute pas la voix du peuple »
« Ma préoccupation a toujours été et sera toujours le peuple iranien, en particulier les femmes », a continué Badri Hosseini dans sa lettre, accusant le régime de n’apporter « rien d’autre que de la souffrance et de l’oppression (…) aux Iraniens ». « Le peuple iranien mérite la liberté et la prospérité, et son soulèvement est légitime et nécessaire pour faire valoir ses droits », a encore indiqué la sœur de l’ayatollah Khamenei, disant espérer « le renversement de ce pouvoir tyrannique en Iran ».
Lire aussi – Suppression de la police des mœurs en Iran : « Le régime n’est pas capable de se réformer »
Invoquant des problèmes de santé l’empêchant de prendre part aux protestations, elle s’en est prise à son frère qui « n’écoute pas la voix du peuple ». Elle a aussi appelé le puissant corps des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, à « rejoindre le peuple avant qu’il ne soit trop tard », cite l’AFP.
L’Iran annonce une première exécution d’un homme lié aux manifestations
L’Iran est le théâtre de manifestations depuis la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini , une Kurde iranienne de 22 ans, arrêtée trois jours plus tôt, qui avait été accusée de ne pas avoir respecté le code vestimentaire imposant aux femmes de porter le voile en public.
La répression du mouvement a fait au moins 448 morts, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo. Les autorités ont arrêté des milliers de personnes, dont 11 ont été condamnées à mort dans des procès liés aux manifestations. L’Iran a annoncé ce jeudi 8 décembre – à travers l’agence officielle Irna – qu’un homme accusé d’avoir blessé un paramilitaire après avoir bloqué la circulation sur une avenue de Téhéran, avait été exécuté. Il s’agit de la première exécution d’un homme impliqué dans les troubles qui secouent l’Iran.
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