Habitué des mers chaudes, ce poisson tropical a été retrouvé… en Norvège

Habitué des mers chaudes, ce poisson tropical a été retrouvé… en Norvège

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La dirette de parin, une espèce commune aux profondeurs tropicales, a été pêchée non loin du cercle polaire, relate « Ouest-France ».

Elle vit habituellement dans les grands fonds tropicaux, entre 500 et 2 000 mètres de profondeur. Pourtant, une dirette de parin a été pêchée en mer du Nord, en Norvège, près de l’archipel de Svalbard. Comment ce poisson tropical s’est-il retrouvé, en octobre dernier, dans les environs du cercle polaire ? « Le cas de cette espèce est symptomatique d’un déplacement généralisé des espèces marines vers le nord », a analysé Pierre Cresson, écologue à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) de Boulogne-sur-Mer, auprès de Ouest-France vendredi 17 décembre.

Le spécialiste a étudié cette drôle d’espèce disgracieuse, habituée des océans Pacifique et Indien, dès 2015. À cette époque, un pêcheur français avait ramené au laboratoire de l’Ifremer un spécimen pêché au large de la Norvège. « L’individu que nous avons récupéré avait 33 ans. Comme le cœlacanthe et tous les poissons des grands fonds, cette espèce, qui peut vivre plusieurs dizaines d’années et mesurer jusqu’à 40 cm, a une croissance lente, ce qui pourrait le rendre vulnérable », a expliqué Pierre Cresson à nos confrères de Libération, évoquant un lien entre ces migrations et le réchauffement climatique.

 

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Jamais observé autant dans le Nord

Visuellement, ce poisson tropical n’a rien d’une créature aux couleurs chatoyantes : commun aux grandes profondeurs, il a dû se conformer à l’obscurité, ce qui a rendu ses yeux étrangement globuleux et sa peau grise. La dirette de parin, experte en changements de températures, se nourrit de plancton. Cette drôle d’espèce a été repérée à plusieurs reprises dans des eaux froides au large de l’Islande, où l’eau a gagné 2 °C entre 1980 et 2000. Concernant cette toute dernière trouvaille, « c’est l’observation la plus septentrionale de ce poisson tropical », a estimé Pierre Cresson, spécialiste de la question, auprès de Ouest-France.

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