France: coup de filet dans un réseau de cyberfinancement du terrorisme

France: coup de filet dans un réseau de cyberfinancement du terrorisme

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Perquisitions, interpellations et arrestations. Des poursuites ont été engagées contre huit des 30 personnes interpellées depuis mardi dans une opération visant un réseau de transfert de fonds vers la Syrie et dénoncée par des familles de jihadistes français.

Trois personnes ont été mises en examen samedi pour « financement du terrorisme » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle », selon une source judiciaire. Sur les trois personnes mises en examen, deux ont été placées en détention provisoire et la troisième laissée libre sous contrôle judiciaire. Cinq autres personnes sont elles été convoquées directement devant le tribunal correctionnel pour être jugées « avant la fin de l’année » pour « financement du terrorisme », selon le Pnat, le parquet national antiterroriste.

De l’argent destiné aux femmes et enfants détenus dans les camps

 Cette opération était destinée à démanteler un réseau utilisant des cryptomonnaies et finançant des membres d’al-Qaïda et du groupe Etat islamique en Syrie. Elle a notamment permis d’identifier en partie la destination des fonds. Ceux-ci sont acheminés au bénéfice de proches se trouvant dans des camps en Syrie. Ce dispositif échappant à tout système bancaire aurait permis l’envoi d’argent à des femmes de jihadistes, détenues avec leurs enfants dans des conditions difficiles.

Il y aurait environ 150 adultes et près de trois cents enfants français emprisonnés en Syrie et en Irak. Leurs familles réclament régulièrement leur rapatriement notamment au nom d’impératifs sanitaires. Dans celui d’al-Hol, dans le nord-est syrien, où s’entassent des dizaines de milliers de déplacés, 371 enfants sont morts en 2019, rapporte l’Agence France presse.

Pour les avocats et le collectif Familles unies, qui dénoncent ces arrestations en masse, cet argent est essentiel pour aider ces femmes dans leur survie. Jusqu’ici, la France n’a rapatrié que 28 mineurs, surtout des orphelins ou les enfants des rares mères qui acceptent de s’en séparer.

Achat de coupons cryptomonnaie

Ce réseau depuis un an était très actif. Il reposait sur l’achat, en France, de coupons de cryptomonnaie. L’enquête révèle ainsi que plusieurs dizaines de personnes se rendaient régulièrement dans des bureaux de tabac pour y acheter des coupons d’une valeur comprise entre 10 et 150 euros. Ces coupons étaient ensuite crédités sur des comptes ouverts depuis l’étranger par des jihadistes.

Au cours de leur enquête le parquet aurait aussi identifié la tête de ce réseau

il s’agit de deux jihadistes français déjà visés par un mandat d’arrêt, qui auraient rejoint la Syrie en 2013, Mesut S. et Walid F, tous deux âgés de 25 ans. Soupçonnés d’être des membres du groupe terroriste Hayat Tahrir Al-Sham (HTS) affilié à al-Qaïda, ils sont visés par un mandat d’arrêt depuis leur condamnation par défaut à dix ans d’emprisonnement en avril 2016.

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