Elimination du Cancer du col d’ici 2030 : Le professeur Cheikh A. Tidiane Cissé mise sur la vaccination

Le Sénégal vaccine gratuitement les filles âgées de neuf ans, contre le papillomavirus humain (VPH). Cela, depuis 2018. Cette stratégie qui a déjà prouvé son efficacité dans la prévention du cancer du col de l’utérus mais se heurte à des aléas nommés Covid-19 et réticence de certains parents. Pourtant c’est l’un des moyens d’élimination du cancer du col selon le professeur Cheikh A. Tidiane Cissé, gynécologue obstétricien.
 
Les cancers gynécologiques sont les cancers les plus fréquents chez la femme dans le monde, les incidences les plus élevées sont rapportées en Afrique. Ils sont responsables d’une lourde mortalité favorisée par un diagnostic le plus souvent tardif et des moyens de traitement très limités. Mais pour le professeur Cheikh Ahmed Tidiane Cissé, l’Afrique doit miser principalement sur la prévention  pour améliorer pour inverser la tendance de la prévalence. Le  Chef du Service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital institut d’hygiène sociale IHS et professeur titulaire de Classe Exceptionnelle de Gynécologie-Obstétrique à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar estime que  la lutte contre les facteurs de risque, la promotion des facteurs protecteurs, la vaccination et le dépistage sont entre  autres stratégies qu’il faut adopter.

L’efficacité de la vaccination contre le papillomavirus
 
Parmi les moyens de prévention, l’efficacité de la vaccination contre le papillomavirus pour éviter la survenue du cancer du col de l’utérus est prouvée a expliqué le Président de la Fédération Francophone de Gynécologie-Obstétrique (FeFOG) qui regroupe 26 pays répartis en Afrique, en Europe et en Amérique.  Le professeur Cissé s’exprimait pendant le  24eme Congrès mondial de gynécologie et d’obstétrique  qui s’est tenu à Paris du 09 au 13 octobre 2023 et  organisé par la Fédération Internationale de Gynécologie et d’Obstétrique (FIGO), « Le Sénégal, à l’instar d’une minorité de pays africains, a mis en œuvre depuis Octobre 2018, une stratégie de vaccination gratuite des filles âgées de 9 ans en intégrant ce vaccin dans son programme élargi de vaccination. Les résultats de cette approche ont été excellents entre 2018 et 2020 avec une couverture de 100 % de la cible dit-il.
 
D’après les observations du Programme national de prévention primaire du Sénégal, ce taux de vaccination a chuté avec l’avènement de la pandémie du Covid jusqu’à atteindre 10 % seulement. Cette baisse a été également favorisée par une réticence croissante des parents probablement en rapport avec le développement des fausses informations relayées surtout par les réseaux sociaux et concernant divers griefs contre le vaccin, des griefs tels que son inefficacité, de probables effets secondaires graves ou encore l’infertilité secondaire qui pourrait en découler ultérieurement selon toujours le Professeur Cissé. Et d’insister : « l’évidence médicale actuelle, matérialisée par plusieurs études publiées sur ce sujet dans la littérature médicale, a montré de manière certaine que le vaccin, lorsqu’il est administré très tôt avant les premiers rapports sexuels, était bien efficace pour prévenir le développement de lésions précancéreuses puis du cancer du col utérin, Il n’y pas de relation formelle entre les problèmes de santé observés chez certaines personnes vaccinées et l’administration du vaccin. D’une manière générale, les effets secondaires relevés sont peu fréquents, mineurs et passagers, Il n’y pas de risque d’infertilité ultérieure chez les jeunes filles vaccinées ».
 
Une possibilité d’éliminer le cancer
 
Depuis la fin de l’épidémie due au Covid et grâce à diverses campagnes de sensibilisation, la couverture vaccinale au Sénégal est remontée progressivement  informe le professeur Cissé. «Elle est estimée actuellement à 40 % de la cible » dit-il.  Avant de faire noter qu’en 2020, 194 pays se sont engagés lors de l’Assemblée mondiale de la Santé  à l’élimination du cancer du col utérin à l’horizon 2030. Cela requiert selon lui, l’engagement de tous : « autorités, soignants et populations. « Pour cela, il faut une bonne coordination dans la mise en œuvre de trois stratégies : 90 % des filles sont vaccinées avant l’âge de 15 ans, 70 % des femmes sont dépistées à 35 ans puis à 45 ans et enfin 90 % des femmes ayant développé un cancer du col utérin ont accès à un traitement ».   

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous post « L’eau ne coule plus des robinets dans plusieurs quartiers de Dakar » : L’autre équation qui vient s’ajouter à la cherté des factures d’électricité
Next post Libération de Nit Doff: Me Moussa Sarr fait une précision de taille