[Casting présidentiel 3/8] Ces figures hors du sérail en quête de gloire politique

Candidats à la présidentielle de 2024, les célébrités voudront éviter les déboires de leurs prédécesseurs Mademba Sock, Alioune Petite Mbaye, Cheikh Tidiane Gadio et Amsatou Sow Sidibé qui ont réalisé des scores quasi nuls, en dépit d’un accès privilégié aux médias.

Élu député au plus fort reste aux élections législatives de juin 2012 alors qu’il s’était attribué le principal rôle aux évènements du 23 juin 2011, Me El Hadji Diouf a été zappé par les Sénégalais aux Législatives de 2017. Face à son échec, celui qui se fait appelé député du peuple n’a pas trouvé mieux que de déverser sa bile sur les électeurs. « Quand est-ce que les Sénégalais vont se réveiller et vont devenir matures ? Malgré tout ce que j’ai fait en tant que député du peuple, les Sénégalais ont choisi Benno Bokk Yaakaar, qui est une pâle copie du Pds », pestait-il.

C’est donc cet homme incapable de réunir le quotient nécessaire pour un député qui s’est déclaré candidat à la présidentielle de février 2024. Seulement, la présidentielle n’est pas le dossier Habré ou l’affaire Sonko-Adji Sarr où il suffit d’occuper les médias pour se faire une place. En fait, sur les 190 candidats déclarés recensés à la date du lundi 2 octobre 2023, beaucoup n’ont pas plus qu’une notoriété médiatique.

Parmi eux, Pr Amsatou Sow Sidibé, également candidate à la présidentielle de 2012. Avec 0,19% des suffrages, il a suffit de deux candidats (Doudou Ndoye et Diouma Dieng Diakhaté) pour qu’elle soit bon dernière. Cette même Amsatou Sow Sidibé a échoué aux Législatives de 2016. Et là voilà candidate à la présidentielle de 2024, sans jamais essayé d’être une élue locale.

Visibilité dans les médias, invisibles dans les urnes

Il est vrai que cette notoriété leur confère une certaine visibilité médiatique. En effet, dans son rapport sur la présidentielle de 2012 au Sénégal, la Commission d’observation des élections de l’Union européenne note que les « candidats ayant une longue présence dans l’arène politique (…) ont pu bénéficier de leur crédit de popularité pour jouir d’un accès privilégié aux médias ». Et comme pour montrer que rien n’a changé depuis lors, Rfm a donné la parole, hier mercredi 4 octobre, à Me El Hadji Diouf pour parler de sa candidature. Il assure être capable de mobiliser 1 million de parrain. Anta Babacar Ngom a fait la Une de l’Observateur le même jour. Une opportunité que les candidats inconnus n’auront certainement pas pour se vendre à leur tour.

Par ailleurs, en dehors de ceux qui ont eu une longue présence médiatique, il y a les candidats qui veulent profiter des responsabilités étatiques qu’ils ont occupées par le passé. On peut citer l’ancien Premier ministre, Cheikh Aguibou Soumaré, l’ancien ministre du Budget, Birima Mangara ou en l’ex-procureur à la Crei, le magistrat Alioune Ndao.

Ces trois personnalités sont aussi la preuve qu’au Sénégal, l’occupation de certaines positions au sein de l’appareil d’Etat peut conduire directement à l’arène politique. Un phénomène qui s’est exacerbé depuis l’arrivée de Macky Sall au pouvoir et la forte politisation de l’administration dont l’exemple type est la DGID.

Mademba Sock : 0,56% en 2000

D’autres candidats venus du secteur privé veulent surfer sur la notoriété héritée d’un père (Anta Babacar Ngom) ou acquise sur le champ syndicale (Dame Mbodji, Mamadou Lamine Dianté), dans le domaine économique (Serigne Mboup et Abdoulaye Sylla), sanitaire (Pr Daouda Ndiaye) ou alors dans le monde culturel. Youssou Ndour en est un exemple. C’est aussi le cas de la chanteuse Queen Biz, Coumba Diallo de son vrai nom, qui, en retirant sa fiche de parrainage, devient 188ème sur la liste des candidats.

Heureusement que l’écrasante majorité, venue amuser la galerie, ne tardera pas à reconnaître son vrai poids et à se ranger derrière un candidat. Mame Ngor Diazaka, ce musicien et ‘’patron de presse’’ qui peine à remplir une salle de concert a déjà renoncé à sa candidature déclarée au profit de Amadou Ba. Cheikh Tidiane Dièye a fait autant pour le bénéfice de l’opposant Ousmane Sonko.

Ceux parmi eux qui vont jouer les touristes présidentiels auront moins de 1% des électeurs à l’issue du scrutin. Les politiques comme Souleymane Ndéné Ndiaye, Alioune Sarr, Ibrahima Sall, Mayacine Camara, Me Moussa Diop,… seront à l’image de Cheikh Tidiane Gadio, Amsatou Sow Sidibé ou Me El Hadji Diouf (Législatives), avec des scores quasi nuls. Les non-politiques tels que Mamadou Ibra Kane, Anta Babacar Ngom ou Abdoulaye Sylla suivront le chemin de leurs prédécesseurs, Mademba Sock (2000, 0,56%) Alioune Petit Mbaye, Oumar Khassimou Dia ou encore Diouma Dieng Diakhaté, bon dernière à la présidentielle de 2012.

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