Bryan Mbeumo au cœur d’un bras de fer diplomatique entre Manchester United et le Cameroun avant la CAN
Bryan Mbeumo laisse à Manchester United et au Cameroun le soin de régler sa convocation pour la CAN avant que les tensions ne s’enflamment concernant son départ.
À Old Trafford, tout roule pour Bryan Mbeumo. L’attaquant camerounais, arrivé cet été de Brentford pour 75 millions d’euros, a conquis les supporters de Manchester United en un temps record. Avec quatre buts en dix matchs et une élection comme joueur du mois d’octobre en Premier League, il symbolise la renaissance offensive des Red Devils sous Ruben Amorim. Mais à l’horizon de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), un dossier sensible se profile : la date de sa libération pour rejoindre la sélection camerounaise.
Entre devoir national et impératif de club
Selon SunSport, Mbeumo souhaite ardemment représenter le Cameroun lors de la CAN, qui débute le 21 décembre, mais il veut aussi éviter toute tension entre son club et sa fédération.
La FIFA impose en effet aux clubs de libérer leurs internationaux deux semaines avant le début d’un tournoi majeur, ce qui contraindrait Manchester United à se passer de Mbeumo dès le 8 décembre, soit avant des rencontres cruciales contre Bournemouth (13 décembre) et Aston Villa (21 décembre).
Pour Ruben Amorim, perdre son ailier vedette à ce moment-là serait un coup dur, d’autant que Noussair Mazraoui (Maroc) et Amad Diallo (Côte d’Ivoire) devraient eux aussi quitter le club pour rejoindre leurs sélections respectives. Les Red Devils pourraient ainsi se retrouver privés de trois titulaires pendant près de six semaines si ces nations avancent loin dans la compétition.
Des discussions sous haute tension
La Fédération camerounaise de football (Fécafoot), dirigée par Samuel Eto’o, se montre toutefois ouverte à la discussion. Une réunion au Maroc la semaine prochaine, en marge des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde, devrait permettre d’aborder la question des dates de libération des joueurs.
Les dirigeants camerounais savent que le souvenir du cas André Onana plane encore. Lors de la dernière CAN, le gardien de Manchester United, alors sous tension avec le staff de Rigobert Song, n’avait rejoint la sélection qu’à la veille du tournoi — un choix qui avait provoqué la colère du sélectionneur et débouché sur un parcours décevant pour les Lions Indomptables.
Mbeumo, un équilibre délicat à trouver
Déterminé à ne froisser ni son club ni sa patrie, Mbeumo plaide pour un accord clair et anticipé. Selon des sources proches du joueur, il souhaite éviter tout malentendu susceptible d’entacher son image ou de perturber la sérénité de son adaptation à Manchester.
United, de son côté, compte user de diplomatie pour obtenir un compromis semblable à celui envisagé pour Amad et Mazraoui : permettre à ses joueurs africains de rester en Angleterre jusqu’aux dernières rencontres de décembre, avant de rejoindre leurs sélections respectives.
Un dilemme récurrent pour les clubs européens
La situation de Mbeumo illustre une problématique récurrente pour les clubs européens : la CAN, disputée en pleine saison, place les entraîneurs face à un casse-tête sportif et logistique.
Mais pour Mbeumo, qui vit sans doute le meilleur début de saison de sa carrière, l’enjeu est double : confirmer son statut de cadre à Manchester United tout en briller sous les couleurs du Cameroun, l’un des favoris annoncés du tournoi.
Un test de maturité pour un joueur en pleine ascension
Entre Manchester et Yaoundé, les tractations promettent d’être intenses dans les semaines à venir. Quoi qu’il en soit, Bryan Mbeumo, 25 ans, semble déjà avoir trouvé sa place parmi les grands — sur le terrain comme dans les coulisses d’un football mondial où les équilibres entre club et nation demeurent fragiles.
Source: actucameroun.com
