Birmanie. Deux nouvelles inculpations contre Aung San Suu Kyi

Birmanie. Deux nouvelles inculpations contre Aung San Suu Kyi

Une vingtaine de morts ce week-end, deux nouvelles inculpations contre Aung San Suu Kyi… Un mois après le coup d’État, les militaires birmans haussent le ton et la population ne renonce pas.

Aung San Suu Kyi, cheffe du gouvernement birman, a été déposée le 1er février par un coup d’État de l’armée, la Tatmadaw, puis placée en résidence surveillée. Des milliers de Birmans réclament depuis lors, en manifestant dans les rues au péril de leur vie, le retour de la transition démocratique initiée il y a dix ans.

Alors qu’au moins une vingtaine de manifestants a été tuée ce week-end, marquant un durcissement de la répression, les militaires ont choisi ce lundi 1er mars de donner une preuve de vie de l’égérie birmane… En la faisant comparaître en vidéo pour lui imputer deux nouveaux chefs d’accusations.

Des infractions qui semblent anecdotiques, mais qui visent à la faire condamner suffisamment lourdement pour qu’elle ne puisse revenir dans le jeu politique. Son succès aux législatives de novembre – 82,5 % des sièges remportés par son parti, la Ligue Nationale pour la Démocratie, face à la formation soutenue par les militaires -, n’a pas été supporté par l’armée.

Aung San Suu Kyi, 75 ans, arrivée au pouvoir en 2016 après avoir passé de longues années en détention, était déjà poursuivie pour importation illégale de talkies-walkies et infraction aux restrictions sanitaires. Elle l’est désormais, selon ses avocats, pour violation d’une loi sur les télécommunications et  incitation aux troubles publics ». Des motifs décriés par la communauté internationale qui condamne depuis un mois le coup d’État, sans aucun effet, pour le moment, sur les généraux birmans.

La situation, avec le début de l’utilisation de tirs à balles réelles depuis ce week-end, la poursuite des arrestations massives – au moins 1 100 personnes en un mois selon des ONG locales – et le renforcement des accusations contre le pouvoir civil, n’augure rien de bon.

Quasi sans discontinuer au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1948, l’armée a été à l’origine, dans le passé, de bains de sang. En 1988, la répression avait fait près de 3 000 victimes. Et en 2007, l’armée n’avait pas hésité à tirer sur des moines bouddhistes même si le nombre de victimes était bien inférieur. La « parenthèse » de dix ans, initiée en 2011, vers un pouvoir plus démocratique mais avec un poids toujours très important de l’armée, semble avoir été encore trop pour les militaires.

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